My name is Wang but it doesn't matter

Wang Kai Cheng, jeune artiste autodidacte, propose une réflexion sur l'identité individuelle au sein d'une société globalisée telle qu'elle apparait violement en Chine. Originaire de la province du Dongbei, Nord-Est de la Chine, il s'installe à Pékin et y fait l'expérience de la remise en question de soi dans l'anonymat d'une mégalopole où la première question qu'elle pose est celle de l'habitat.

Où vivre ? Quelle surface revient à un artiste dans une économie tournée vers le profit et dont l'intérêt pour l'art semble détourné de la question d'éthique et d'esthétique ?

« My Name Is Wang », titre de la proposition de l'artiste, fait immédiatement référence à la question de l'identité qui se pose dans la répartition des noms de famille en Chine. Comment s'identifier à un nom utilisé par 92 millions de personnes ? Quelles sont les origines de ce nom, de l'idée même de famille et de généalogie ? Dans un monde où chacun semble coupé historiquement, politiquement de la tradition et de son histoire familiale, comment est-il possible de rebâtir du collectif, du social, et l'idée d'une transmission trans-générationnelle.

Le 1er volet de la proposition tient en une installation murale de 5m2 de Hukou. Le Hukou est une carte d'identité ou plutôt passeport provincial, carte de résidence, qui donne le droit depuis Mao Zedong et encore de nos jours à résider dans une province déterminée soit par la naissance soit par décision socio-économique et donc politique. Il permet notamment de contrôler les migrations en contraignant les habitants à rester ou à changer de lieu de résidence et donc de travail. Cette œuvre fait référence à la revendication du droit de se déplacer librement en Chine qui malgré les réformes annoncées par le gouvernement en 2010, reste toujours soumis au contrôle de l'état. Wang Kai Cheng rejoint ici les partisans d'une citoyenneté libre en Chine, en induisant une réflexion avec le contexte contemporain d'identité individuelle.

En parallèle, sous un 2ème volet intitulé « Who's the first ? » il invite toutes personnes s'appelant Wang à envoyer leurs photos dans le but de collecter et d'exposer l'ensemble des 92 millions de Wang en Chine. Work in process dont il n'y aura probablement pas de fin, Wang Kai Cheng tente d'humaniser et de reconstruire la ligne généalogique liée à son nom et de déterminer l'origine des 92 millions de personnes qui la constitue.

Dans une esthétique différente, Wang Kai Cheng propose un jeu de forme, de matière et de correspondances par le travail « Born to be burned ». Créés à partir de matériaux de construction toujours usités en Chine, telle que la brique, les jeux formels proposés mettent en évidence les rapports entre tradition et modernité qui occupe la Chine de ce début de siècle. À l'heure où le gouvernement martèle l'espace publique d'un retour à la tradition et à un rêve chinois au-delà du communisme, Wang Kai Cheng propose avec humour une refonte générale des codes de représentation traditionnelle.

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